Chronique PVT : Maë, deux ans de route et de liberté en Australie

« Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’au volant de mon van »

Maë a 28 ans, une peur bleue de la routine et un besoin viscéral de partir vivre ailleurs. Après La Réunion, la Guadeloupe et la Corse, elle pose ses valises à Perth en février 2024 avec un PVT.

Deux ans plus tard, elle a traversé le pays jusqu’à Townsville, encaissé un départ difficile et un dos qui a lâché, et appris à vivre son aventure à son propre rythme. Elle en revient bilingue, indépendante et fière d’elle.

👋 Maë en bref

🎂
Âge28 ans
🎒
AvantLa Réunion, la Guadeloupe et la Corse
🛂
Visa2 ans de PVT, de février 2024 à février 2026
💼
JobsMine, fermes, housekeeping, Uber Eats
🚐
Sa maisonSon van, et partout où il l’a emmenée
🎨
PassionLe tatouage, découvert en route

🗺️ Son parcours

De Perth à Townsville, en deux ans

🏙️

Perth WA · février 2024

Deux mois à chercher du travail, sans succès

🌴

Port Douglas QLD

Elle rejoint une amie

⛏️

Darwin NT · jusqu’en septembre 2024

Un job en mine

👉 Notre guide →
🌾

Brisbane QLD

Un travail pour finir ses jours de ferme

👉 Notre guide →
🏄

Gold Coast, Sunshine Coast, Byron QLD · NSW

Le temps de visiter

✈️

France Noël 2024

Un mois en surprise pour sa famille

🐄

Rockhampton QLD · 2025

Le début de sa deuxième année

🌊

Townsville QLD · août 2025 → février 2026

Jusqu’au bout de son visa


💬 Maë, présente-toi en quelques mots.

Moi c’est Maë, j’ai 28 ans. J’ai arrêté à 21 ans des études qui ne me correspondaient pas, et c’est ce qui m’a permis de commencer à voyager. Je suis partie vivre un an à La Réunion, puis six mois en Guadeloupe et six mois en Corse. Je fais aussi des voyages plus courts quand j’en ai l’occasion, mais je trouve que partir vivre quelque part est bien plus enrichissant.

Je suis TDAH, ce qui fait que j’ai une peur bleue de la routine et de l’ennui : j’ai toujours besoin de vivre de nouvelles aventures. Je suis introvertie, mais j’y travaille, et chacune de ces expériences m’a aidée à m’ouvrir aux autres et à comprendre qui je suis.

Selfie de Maë avec sa casquette violette sur une plage du Queensland au coucher du soleil

💬 Qu’est-ce qui t’a donné envie de partir en Australie ?

Pendant une saison en Corse, un collègue m’a dit : « J’ai passé la meilleure année de ma vie en Australie. » La graine a germé. J’ai toujours voulu améliorer mon anglais, et je voulais aussi faire des économies pour le futur, peu importe le projet, simplement pour assurer mes arrières. À 25 ans, j’ai décidé de partir, avec un PVT.

J’ai passé la meilleure année de ma vie en Australie.


Perth : deux mois sans job

💬 Comment se sont passés tes débuts ?

Les premiers mois ont été les plus durs. Je suis arrivée à Perth, et ce n’était clairement pas un bon choix comme ville d’arrivée : tout le monde y va pour travailler dans les mines, et ceux qui n’y arrivent pas prennent les autres jobs. Il n’y avait pas beaucoup de postes disponibles, ni de places en auberge.

Au début, on n’ose pas acheter de voiture, ce qui réduit carrément la liberté et les occasions professionnelles. Mon anglais était correct mais bancal, surtout l’accent, donc ce n’était pas facile de trouver du travail. Au bout de deux mois sans job, le moral commence à baisser.

🚗

Acheter une voiture en PVT

C’est souvent ce qui débloque les jobs en région. Notre guide pour louer ou acheter un van ou un 4×4 t’aide à choisir.

J’ai assez vite pris une chambre chez l’habitant, et ça s’est très mal passé. Ma logeuse inventait des choses, refusait de mettre la clim alors qu’on était en pleine canicule à Perth… Certains habitants louent seulement pour le rendement, c’était son cas. Elle a fini par me mettre dehors avant la fin du contrat.

Les démarches, elles, sont assez rapides, et dans les auberges il y a pas mal d’entraide là-dessus.

🗂️

Préparer son arrivée

Compte bancaire, TFN, numéro de téléphone : on a tout listé dans l’ordre dans notre guide du PVT Australie.

💬 Et l’anglais, sur place ?

Il faut surtout arriver à passer au-dessus du jugement des autres et se lancer. Malheureusement, entre Français, il y a beaucoup de moqueries. Et il y a énormément de Français dans chaque auberge, environ 50 %, donc ça n’aide pas. Il faut parler aux autres nationalités et aux Australiens, et sortir pour parler.


De Darwin à Townsville

💬 Où ton PVT t’a-t-il menée ensuite ?

Je suis partie à Port Douglas rejoindre une copine, puis j’ai trouvé du travail en mine à Darwin, où je suis restée jusqu’en septembre. J’ai ensuite fait la route jusqu’à Brisbane, où j’ai trouvé un travail pour finir mes jours de ferme. Après, j’ai visité la Gold Coast, la Sunshine Coast, Byron et ses alentours.

Maë souriante sur la plage de Surfers Paradise, avec les gratte-ciel de la Gold Coast en arrière-plan

Je suis rentrée un mois en France pour les fêtes de Noël, et j’ai fait la surprise à ma famille. En revenant, je me suis installée à Rockhampton, où j’ai commencé ma deuxième année, puis à Townsville d’août jusqu’à la fin de mon visa.

🌾

Les jours de ferme

Pour obtenir une 2e année de PVT, il faut 88 jours de travail spécifié en région. Vérifie si ton job compte avec notre 88 Days Checker.


Quand le dos dit stop

💬 Ton aventure ne s’est pas passée comme prévu ?

Mon but en Australie était aussi de faire des économies, donc j’avais en tête de beaucoup travailler. Malheureusement, j’ai développé des problèmes de dos après mon travail en housekeeping : 84 heures par semaine ! J’ai donc arrêté de travailler pendant un certain temps, et j’ai visité.

Mon problème de dos a été assez grave et a changé mon aventure. J’ai dû adapter mes jobs en fonction, et ce n’était pas facile à trouver. J’ai fait cinq mois de kiné. Malgré ça, j’ai toujours su trouver des solutions, rebondir et continuer mon aventure.

J’ai gagné confiance en moi, car je sais maintenant que je peux toujours trouver des solutions et que je suis pleine de ressources.

💬 Comment as-tu trouvé ton rythme ?

Il y a tellement de styles de vie possibles pour les backpackers ! J’ai fait du house sitting, ce qui m’a permis de ne pas rester en auberge, d’économiser et de rencontrer des Australiens. C’était super.

Les Australiens se lèvent tôt et se couchent tôt, mais je n’ai jamais réussi à me mettre à ce rythme. La deuxième année, j’étais livreuse Uber Eats et je travaillais le soir, donc j’avais mon propre rythme.

Maë tenant un koala dans ses bras au Currumbin Wildlife Sanctuary, sur la Gold Coast
🏠

Le house sitting, c’est quoi ?

Tu gardes la maison (et souvent les animaux) de propriétaires partis en voyage, en échange du logement. Un bon moyen d’économiser et de vivre avec les locaux.


Les Australiens, vus par Maë

💬 Qu’est-ce qui t’a marquée chez les Australiens ?

En dehors du travail, c’est dur de rencontrer des Australiens, parce qu’ils sont peu présents dans les auberges. J’ai rencontré des personnes de plein de nationalités différentes, et ça a été hyper enrichissant. Ma deuxième année, grâce au house sitting, j’ai rencontré des Australiens qui débordaient de bienveillance.

Les Australiens sont beaucoup plus polis et respectueux que les Français. Si quelqu’un te bouscule dans la rue, tu dis sorry, il dit sorry. En France, ce n’est pas pareil. C’est super agréable ! Les embrouilles sur la route ? Ça n’existe presque pas. Les gens disent bonjour, sourient. Bien sûr, ce n’est pas le cas de tout le monde : j’ai eu de mauvaises expériences avec certaines personnes dans certains jobs. Mais de manière générale, ce sont des gens gentils, curieux des autres nationalités, et admiratifs des Français et de notre culture, notamment la gastronomie et les savoir-faire manuels.

Au travail, en revanche, on sent qu’on peut sauter d’un jour à l’autre et qu’on n’est pas irremplaçable. Ça peut être dur parfois : il faut savoir rebondir !

Maë assise dans l'herbe avec deux kangourous gris dans un parc animalier du Queensland

💬 Qu’est-ce que tu aimes le plus en Australie ?

Même si on travaille toute la semaine, le week-end on peut partir à l’aventure en van ou en 4×4 et vivre des expériences uniques : voir des cascades folles, faire du snorkeling… On peut quitter son job le jour même si ça se passe mal et en trouver un meilleur le lendemain, ou partir en road trip. Ça donne une grande liberté.

Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’au volant de mon van, en route vers une nouvelle ville, une nouvelle aventure, un nouveau lieu à visiter. Tout est fait en Australie pour qu’on puisse vivre la van life : des sanitaires avec douches à presque toutes les plages fréquentées, des barbecues gratuits, des tables, des freecamps…

Le van blanc aménagé de Maë sous l'auvent d'une station-service de l'Outback australien
⛺

Dormir gratuitement en van

Aires gratuites, applis et règles à connaître : tout est dans notre guide du free camping en Australie.

💬 Et le plus difficile ?

Le décalage horaire, qui rendait très compliqué de garder le contact avec la famille. La distance aussi : je n’ai réussi à motiver personne de ma famille à venir me voir, haha !


Et maintenant ?

💬 Pourquoi être rentrée ?

J’ai quitté l’Australie à la fin de mon deuxième visa. À cause de mes problèmes de santé, je n’ai pas pu faire mes jours de ferme pour obtenir une troisième année. J’ai donc d’autres projets, notamment la Nouvelle-Zélande. Je compte quand même revenir avec un visa touriste plus tard, pour faire un road trip qui me tient à cœur.

💬 Avec le recul, que retiens-tu de ces deux ans ?

Je suis tellement contente d’avoir franchi le pas ! Je sais que l’Australie ne convient pas à tout le monde, et que certains rentrent en France après quelques mois. Mais dans mon cas, ça a été une expérience tellement enrichissante. J’ai rencontré de belles personnes que je vois encore aujourd’hui, j’ai maintenant beaucoup de projets, et ça m’a permis de devenir bilingue.

Et surtout, j’en ai appris plus sur moi. Ces dernières années, j’ai appris à accepter mon caractère et à aller à mon propre rythme. Je suis devenue indépendante, et fière de moi. J’ai aussi découvert une nouvelle passion : je me suis lancée dans le tatouage, et j’ai continué cette activité depuis.

Maë assise sur un banc à côté d'une statue de chercheur d'or, devant les montagnes russes de Movie World

Son conseil : des économies, et de l’anglais

💬 Un conseil à quelqu’un qui rêve de tenter l’aventure ?

Partir avec des économies, pour arriver tranquillement et ne pas être en galère si tu ne trouves pas de job les premières semaines, si tu veux acheter une voiture, etc. Et travailler son anglais : ça reste primordial d’avoir des bases, pour les démarches administratives, pour communiquer avec les autres, pour trouver du travail… pour tout.

“

Pars avec des économies, et travaille ton anglais : c’est primordial pour tout.

— Maë

💰

Quel budget prévoir ?

Loyer, courses, essence : on détaille tout dans notre article sur le coût de la vie en Australie.

⚡ En rafale

L’Australie en trois mots ?

Aventure, liberté, diversité.

Ton endroit préféré ?

Mon van, et partout où il m’a emmenée.

Quelle place l’Australie occupe-t-elle dans ta vie ?

C’est ma meilleure expérience, et aussi un projet de road trip pour le futur.


Tu prépares ton PVT en Australie ?

Merci à Maë pour cette chronique. Retrouve-la sur Instagram : @mae.vt.

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