
👋 Juliette en bref
Elle pensait rester quatre mois en Australie avant de poursuivre son voyage vers l’Amérique du Sud et l’Afrique.
Presque un an plus tard, Juliette est toujours là.
À 29 ans, cette ancienne agricultrice française parcourt le pays au rythme des saisons et des opportunités de travail. Sans voiture, d’hostel en hostel et de camping en camping, elle découvre une Australie bien différente de celle qu’elle avait imaginée enfant.
Car son histoire avec l’Australie a commencé bien avant son WHV.
Elle avait seulement huit ans.
« Un jour, j’irai voir des bonhommes de sable et des palmiers de Noël »
Tout commence pendant un cours de géographie.
La maîtresse explique à la classe que lorsque c’est l’hiver en France, c’est l’été en Australie.
Dans la tête de Juliette, huit ans, une idée se forme immédiatement :
« Wouahhh… Un jour, j’irai voir des bonhommes de sable et des palmiers de Noël ! »
Vingt ans plus tard, elle l’a fait.
Elle a vu ses fameux palmiers de Noël. Mais célébrer Noël en plein été lui a aussi complètement fait perdre ses repères.
Ce rêve d’enfant n’était pourtant pas la raison principale de son grand départ.
Avant l’Australie, Juliette était agricultrice dans une ferme familiale en France.
80 chèvres laitières pour produire du fromage, des poules pondeuses et une vie profondément liée au monde agricole.
Puis elle décide de partir voyager.
Quatre mois en Asie plus tard, elle pose ses valises à Perth, en octobre 2025, avec un Working Holiday Visa en poche.
L’Australie devait être une étape de plus.
Elle va finalement bouleverser tout son itinéraire.
Quatre mois en Australie… qui deviennent presque une année
Le plan initial était plutôt simple : passer environ quatre mois en Australie, puis continuer vers l’Amérique du Sud et l’Afrique.
Mais Juliette le reconnaît elle-même :
« Mes plans ont changé. Ils changent sans cesse. »
Elle commence son aventure à Perth, en Western Australia, puis part pour un petit road trip du côté de Margaret River.
Elle rejoint ensuite Melbourne, où elle passe une semaine.
💬 Et le jour de Noël ?
Juliette est sur le ferry direction la Tasmanie.
Quelques mois plus tard, nouveau changement de décor : elle atterrit à Cairns, dans le Queensland, puis passe plusieurs semaines à Bowen.
Aujourd’hui, c’est à Darwin, dans le Northern Territory, qu’elle poursuit son aventure.
Et la voyageuse qui ne devait rester que quelques mois se retrouve désormais à quelques semaines de l’expiration de son premier WHV, avec une nouvelle préoccupation : réussir à réunir suffisamment de jours de travail éligible pour pouvoir revenir un jour effectuer une deuxième année.
Des fermes, du volontariat et des animaux
Ses premiers mois en Australie sont surtout marqués par les rencontres.
Juliette enchaîne différentes expériences : du volontariat dans une petite ferme, un passage comme au pair, mais aussi une expérience dans un centre de secours pour animaux.
Elle rencontre notamment une Australienne habituée à accueillir des backpackers chez elle depuis trente ans.
C’est elle qui l’aide dans certaines de ses premières démarches australiennes : acheter une carte SIM, ouvrir un compte bancaire…
Une arrivée plutôt douce.
Tout n’a pourtant pas été aussi simple.
Il y a notamment eu la fameuse White Card, nécessaire pour travailler dans le secteur de la construction.
« Tout le monde dit que c’est facile. Personnellement, je ne suis jamais arrivée au bout. »
Comme quoi, les petites formalités présentées comme évidentes par les autres voyageurs ne le sont pas forcément pour tout le monde.
Une nomade saisonnière
Si Juliette devait définir sa vie australienne en quelques mots, ce serait probablement ceux-là :
nomade saisonnière.
Elle va là où se trouve le travail.
Elle reste généralement deux ou trois mois dans une région avant de repartir.
Pas de maison.
Pas de van aménagé.
Et surtout, contrairement à énormément de backpackers en Australie : pas de voiture à elle.
Elle passe d’hostel en hostel, de camping en camping et utilise énormément les infrastructures publiques australiennes.
Barbecues communautaires, douches publiques, points d’eau, toilettes gratuites…
Ce sont justement ces petites choses qui participent à son sentiment de liberté.
« Je suis fière de réussir à me débrouiller sans avoir acheté de voiture. »
Elle en a loué plusieurs fois, bien sûr. Mais elle aura réussi à traverser une bonne partie du pays sans devenir propriétaire du traditionnel véhicule de backpacker.
Agricultrice avant d’être backpackeuse
Il y a surtout quelque chose qui distingue Juliette de nombreux voyageurs venus faire leurs 88 jours en Australie.
Pour elle, travailler dans une ferme n’est pas une contrainte.
C’est son métier.
Alors que certains backpackers acceptent les emplois agricoles uniquement pour obtenir leurs jours nécessaires au renouvellement du WHV, Juliette, elle, aime réellement ce milieu.
« Contrairement aux backpackers qui bossent dans les fermes à contre-cœur parce qu’ils ont besoin de leurs jours, moi, je fais ça parce que j’aime ça et que c’est mon métier de base. »
Le paradoxe, c’est qu’elle n’était justement pas arrivée avec l’intention de renouveler son visa.
Elle voulait visiter.
Profiter.
Puis repartir.
Elle n’a donc pas organisé son année autour des fameux 88 jours de specified work.
Et maintenant que l’envie de revenir pour une deuxième année est là, le temps presse.
Le casse-tête des 88 jours
S’il y a bien une chose que Juliette aurait aimé comprendre avant son départ, c’est le fonctionnement de ces fameux jours nécessaires pour prolonger son Working Holiday Visa.
Car entre les heures travaillées, les semaines, les fiches de paie et les différentes façons dont les journées peuvent être comptabilisées, le calcul peut rapidement devenir un casse-tête.
Et sur ce sujet, Juliette ne prétend pas avoir trouvé la formule magique :
« Impossible de compter correctement ces 88 jours ! Entre le nombre d’heures par semaine et la compréhension des fiches de paie, comment compter correctement ? Je n’ai toujours pas la réponse ! »
À quelques semaines de la fin de son visa, cette absence de stratégie du début de voyage se fait forcément sentir.
Mais elle fait aussi partie de son histoire.
Parce que Juliette n’est pas venue en Australie avec un programme construit autour du visa.
Elle est venue voyager.
Et elle a finalement eu envie de rester.
« On en parle de la pause déjeuner de trente minutes ? »
Vivre à l’étranger, c’est aussi découvrir que certaines choses que l’on pensait parfaitement normales sont en réalité… très françaises.
Juliette en a fait l’expérience un soir après le travail.
Elle rentre à son hostel et partage son étonnement avec les autres backpackers :
« On en parle de la pause déjeuner qui ne dure que trente minutes ? »
Autour d’elle, des voyageurs originaires de presque tous les continents.
La réaction est unanime.
Tout le monde lui rit au nez.
« De quoi tu parles ? C’est la même chose dans mon pays. »
Petit moment de solitude pour la Française.
Et probablement l’une de ces anecdotes qui résument parfaitement ce que signifie vivre à l’étranger : découvrir un autre pays, mais aussi prendre conscience de toutes les habitudes de son propre pays que l’on pensait universelles.
Wouahhh… Un jour, j’irai voir des bonhommes de sable et des palmiers de Noël !
— Juliette
Ce qu’elle aime le plus en Australie : la liberté
S’il y a quelque chose qui restera profondément associé à l’Australie pour Juliette, c’est la faune et la flore.
C’est déjà ce qui lui manquera le plus lorsqu’elle quittera le pays.
Mais il y a aussi cette sensation de liberté qu’elle retrouve dans son quotidien.
Pouvoir voyager simplement.
Trouver des barbecues publics dans les villes.
Des douches.
Des points d’eau.
Des toilettes gratuites.
Des infrastructures qui rendent une vie nomade beaucoup plus facile.
Et parmi tous ses souvenirs australiens, l’un dépasse probablement tous les autres :
participer au sauvetage d’un bébé kangourou.
Une expérience particulièrement symbolique pour celle qui place justement la wildlife au cœur de ce qu’elle aime en Australie.
Son endroit préféré, lui, se trouve beaucoup plus au sud : Cradle Mountain, en Tasmanie.
Ce qui lui manquera beaucoup moins…
Il y a quand même une chose sur laquelle l’Australie n’a pas réussi à convaincre cette ancienne productrice de fromage :
la nourriture.
Et surtout…
Le fromage français.
« Vive les fromages français et les normes européennes qui protègent quand même pas trop mal notre alimentation… »
Certaines attaches résistent visiblement très bien à plus d’un an de voyage.
La suite ? Encore ailleurs
Juliette sait déjà qu’elle quittera l’Australie à la fin de son visa.
Pas parce qu’elle en a assez.
Au contraire.
Elle souhaite pouvoir revenir pour effectuer une deuxième année de WHV.
Mais pas immédiatement.
2027 est déjà réservé à d’autres projets.
Une décision finalement assez cohérente avec sa façon de voyager : ne pas forcément s’installer, continuer d’avancer et laisser les projets évoluer.
Et lorsqu’on lui demande quel regard elle porte sur cette aventure, sa réponse tient en deux phrases :
« J’ai réalisé mon rêve d’enfant. Maintenant, il m’en faut un nouveau. »
Le conseil de Juliette à ceux qui rêvent d’Australie
Pas de stratégie compliquée.
Pas de grand discours.
Son conseil tient en quelques mots :
« Vas-y. Vis ton rêve, fais de ton mieux et tout ira bien. »
L’Australie de Juliette en quelques mots
L’Australie en 3 mots : Wildlife — Road-trip — Adventure
Son endroit préféré : Cradle Mountain, Tasmania
Son meilleur souvenir : participer au sauvetage d’un bébé kangourou
Ce qu’elle aurait aimé savoir avant de partir : comment compter correctement les fameux 88 jours
La place qu’occupe aujourd’hui l’Australie dans sa vie :
« Un merveilleux souvenir. Je reviendrai. »
Et finalement, c’est peut-être la meilleure façon de résumer cette histoire.
À huit ans, Juliette rêvait de voir des palmiers de Noël à l’autre bout du monde.
Vingt ans plus tard, elle les a vus.
Mais entre-temps, elle a aussi traversé l’Australie, travaillé dans ses fermes, vécu dans ses hostels et ses campings, découvert sa faune, participé au sauvetage d’un bébé kangourou et appris à voyager en laissant une place immense à l’imprévu.
Elle était venue pour quatre mois.
Elle repartira avec l’envie de revenir.
Le rêve d’enfant est réalisé. Reste maintenant à trouver le suivant.
Chroniques de Français en Australie
À travers Chroniques de Français en Australie, nous donnons la parole à celles et ceux qui vivent ou ont vécu l’aventure australienne.
PVT, road trip, expatriation, études, travail ou simple envie d’ailleurs : chacun vit une Australie différente.
Ici, pas de parcours parfait ni de mode d’emploi universel. Simplement des expériences, des galères, des rencontres, des souvenirs et des histoires racontées par ceux qui les ont vécues.
Parce qu’il n’existe pas une seule façon de vivre l’Australie.
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