Chronique PVT : Chloé, au pair à Melbourne en WHV (2026)

« Écoute ton cœur. Si un pays nous appelle, c’est qu’on a quelque chose à y vivre »

Chloé est arrivée à Melbourne fin janvier 2026, avec un plan qui tenait en une ligne : garder des enfants et voyager le week-end. Un mois plus tard, sa famille d’accueil lui demandait de partir.

Un an après, elle s’apprête à rentrer en France avant Noël, avec quatre enfants dans le cœur, un meilleur ami rencontré par hasard, et une phrase qu’elle répète à qui veut l’entendre : si un pays t’appelle, vas-y.


Chloé, présente-toi en quelques mots.

Je m’appelle Chloé, j’ai 24 ans, bientôt 25 dans deux mois — ça ne me rajeunit pas ! Mon caractère a beaucoup changé ici. Avant, j’étais quelqu’un de très calme et posé. Maintenant je suis beaucoup plus sanguine, plus extravertie. Je vais vers les gens, je leur dis ce que je pense et ce que je ressens.

J’ai pas mal de passions, dont celle de voyager — je crois qu’on est tous pareils en PVT en Australie. Ça m’a déjà permis de visiter les États-Unis de long en large pendant un an, et maintenant l’Australie, à travers des city trips et des road trips. Je lis aussi beaucoup, c’est le cœur de mes études : j’ai un master en monde du document. Ça rejoint ma passion pour la culture, les musées, les expos, les festivals. Et ma dernière passion, c’est la cuisine, que ce soit pour moi ou pour les autres.

Où et quand as-tu vécu en Australie ?

À Melbourne, de fin janvier 2026 à décembre 2026. J’ai habité dans deux quartiers différents, mais mitoyens.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de partir là-bas ?

J’étais déjà partie aux États-Unis et j’avais adoré découvrir une nouvelle culture. Entre l’envie d’améliorer encore mon anglais et celle de découvrir une terre lointaine, où peu de gens de mon entourage étaient allés, l’Australie a été comme une évidence.


« Dans mon malheur, j’ai eu de la chance »

Quel était ton projet au départ ? Est-ce que la réalité y a ressemblé ?

Mon projet, c’était d’être jeune fille au pair et de profiter de mes week-ends pour voyager. Je suis toujours au pair aujourd’hui, mais la réalité du début a un peu changé : je suis arrivée dans une famille qui a demandé le rematch un mois après mon arrivée. Ils n’étaient pas prêts à vivre avec une inconnue dans leur maison.

Mais dans mon malheur, j’ai eu de la chance : j’ai trouvé une nouvelle famille incroyable, aux petits soins avec moi.

Le rematch, c’est quoi ? Quand la cohabitation ne fonctionne pas, la famille d’accueil ou l’au pair peut mettre fin au contrat et chercher un nouveau placement. C’est fréquent, et ça ne veut pas dire que l’expérience est finie.

Avec quel visa es-tu arrivée ?

Le WHV, et je suis toujours dessus. Mon projet a un peu évolué avec le rematch, mais j’ai toujours eu cet impératif : rentrer avant Noël. Et c’est exactement ce qui va se passer. Ma vie française me manque trop.

TOUT SAVOIR SUR LE PVT

Comment se sont passés tes premiers mois sur place ?

J’ai trouvé du travail très facilement, puisqu’ici les au pairs doivent en trouver un avant d’arriver. C’est aussi le confort d’avoir un logement dès l’atterrissage.

Le plus compliqué, ça a été l’anglais, et surtout l’accent — moi qui étais habituée à l’accent américain. En revanche, j’ai trouvé ça très facile de rencontrer des gens : entre les applis, les groupes Facebook et les apéros des Français, il y a tellement d’événements à Melbourne que c’est simple.


Une vie réglée sur le rythme australien

À quoi ressemble ton quotidien ?

Quand je suis arrivée, j’avais un rythme assez confus, notamment parce que les Australiens se lèvent tôt et que je ne suis pas du matin. Au fil du temps, j’ai trouvé mon équilibre : la salle de sport le matin, les week-ends entre copines à la plage ou dans les jardins de Melbourne, les soirées le samedi, et surtout mon travail, qui m’occupe 7 heures par jour.

Ce qui reste dur, c’est le décalage horaire avec la France. Pour appeler ma famille et mes amis, c’est compliqué.

Pour garder du réseau et appeler sans exploser son forfait, une eSIM australienne reste la solution la plus simple.

Chaque parcours en Australie est différent. Quelle est la singularité du tien ?

Je crois que ce qui rend mon aventure unique, c’est que je garde quatre enfants. Peu d’au pairs le font, et pourtant je les aime d’un amour inconditionnel, ces petites têtes. Si c’était à refaire, je referais pareil.

Et puis il y a cette rencontre : j’ai littéralement rencontré mon meilleur ami ici. Au début, je n’aurais pas misé un peso. On s’est connus en début d’année dans un groupe de potes qui s’est dispersé au fil des vacances de chacun. Et puis, grâce à un concert d’Ed Sheeran, on s’est rapprochés, et on a passé un mois et demi ensemble à parler de tout et de rien.


Le choc culturel, à table et à la maison

Qu’est-ce qui t’a marquée ou déstabilisée chez les Australiens ?

Je vis au cœur de la culture australienne, vu que je suis dans une famille australienne. Ce qui m’a le plus déstabilisée, c’est leur hygiène de vie : les snacks à toute heure, le dîner à 17h, et chacun qui prend son assiette dans son coin.

Du coup, j’ai ramené la France dans leurs assiettes, mais aussi dans leur quotidien. On mange toujours à 17h, mais au moins on mange ensemble, et les petits ont droit à un vrai goûter sucré.

L’éducation aussi m’a surprise. Les parents cèdent beaucoup, mais ils sont aussi plus attentifs aux besoins de leurs enfants. Malgré tout, il y a quelques principes à revoir : je ne les trouve pas très proches de leur famille élargie, c’est très restreint au cercle des parents et des enfants.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans la vie en Australie ?

Leur sérénité. Il n’y a pas de stress : tout roule tant que c’est fait.

Et le plus difficile ?

La nourriture me manque énormément. J’ai beaucoup de mal avec le sucre, et les hormones, je le ressens au quotidien. C’est aussi très peu nourrissant.


Ce qu’elle aurait aimé savoir avant de partir

Un conseil à quelqu’un qui rêve de tenter l’aventure ?

Écoute ton cœur. Si une ville ou un pays nous appelle, c’est qu’on a quelque chose à y vivre.

Une chose que tu aurais aimé savoir avant de partir ?

Que les réseaux sociaux montrent tout sauf la réalité. Comme partout, il faut travailler dur pour avoir de l’argent. Et pour l’accent australien, on s’y habitue vite : ils sont super compréhensifs.

L’Australie en trois mots ?

Nature, paysages, AFL.

Ton endroit préféré ?

Point Ormond Lookout, à Melbourne.

Ton meilleur souvenir ?

Quand j’ai appris au deuxième enfant à dire « je t’aime » en français. Depuis, il me le dit dans cette langue.

Quelle place l’Australie occupe-t-elle dans ta vie aujourd’hui ?

J’y vis encore.


Tu prépares ton PVT en Australie ?

Chloé est basée dans le Victoria. Si tu passes par là, découvre ma journée parfaite à Lorne, sur la Great Ocean Road. Côté ouest, c’est par ici : que faire à Dunsborough.

Merci à Chloé pour cette chronique. Tu peux la suivre sur @chlo.delaunay.

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