Guide d’immigration australienne
La résidence permanente par le travail
Ce qui change vraiment avec un visa permanent (189, 190, 186)
Une fois obtenu, un visa permanent donne accès, dès le premier jour, à quasiment tout ce dont bénéficie un citoyen australien au quotidien : travailler sans restriction chez n’importe quel employeur, vivre où l’on veut dans le pays, se soigner via Medicare, scolariser ses enfants aux tarifs australiens (et non aux tarifs internationaux), acheter un bien immobilier, créer une entreprise, faire venir certains membres de sa famille, et voyager en entrant et sortant librement du territoire tant que le visa de voyage associé est à jour.
Ce que la résidence permanente ne donne pas, elle : le droit de vote, un passeport australien, et un accès immédiat à certaines aides sociales, qui peuvent être soumises à un délai de carence pour les nouveaux résidents. Ces différences s’effacent avec la citoyenneté, qui devient accessible après 4 ans de résidence en Australie, dont au moins 1 an en tant que résident permanent.
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Le visa 186 (Employer Nomination Scheme) est aujourd’hui l’une des voies les plus directes pour obtenir la résidence permanente en Australie grâce à un emploi. Contrairement à un visa temporaire, il donne le statut de résident permanent dès son obtention, sans étape intermédiaire obligatoire. Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le dispositif et préparer sereinement sa demande.
Qu’est-ce que le visa 186 ?
Le Subclass 186 est un visa permanent qui permet à un employeur australien agréé de parrainer un travailleur qualifié pour un poste stable et durable. Une fois accordé, il offre :
- la résidence permanente en Australie,
- le droit de travailler sans restriction,
- la possibilité d’inclure son partenaire et ses enfants dans la demande,
- un accès à terme à la citoyenneté australienne.
Ce visa existe sous trois filières distinctes, chacune correspondant à une situation différente.
Les trois filières du visa 186
1. Direct Entry (entrée directe)
C’est la filière la plus utilisée par les candidats qui n’ont jamais travaillé en Australie sous visa 482/457, ou qui n’ont pas assez d’ancienneté chez leur employeur pour passer par la filière TRT. Elle permet de demander la résidence permanente directement, sans étape de visa temporaire au préalable.
Conditions principales :
- occupation figurant sur la liste CSOL/MLTSSL (Core Skills Occupation List),
- évaluation positive des compétences (skills assessment) dans le métier visé,
- au moins 3 ans d’expérience professionnelle pertinente à temps plein,
- être âgé de moins de 45 ans au moment de la demande (des exemptions existent selon les cas),
- un niveau d’anglais compétent, généralement IELTS 6.0 dans chaque compétence ou équivalent.
2. Temporary Residence Transition (TRT)
Cette filière s’adresse aux titulaires d’un visa 482 (TSS) ou d’un ancien 457, qui ont travaillé à temps plein chez le même employeur, dans le même poste, pendant une durée suffisante (généralement l’équivalent de deux ans sur les trois dernières années). Elle ne nécessite en général pas de nouvelle évaluation des compétences, ce qui en fait une transition plus fluide du temporaire vers le permanent.
3. Labour Agreement
Filière négociée entre un employeur et le gouvernement australien, utilisée notamment lorsque l’occupation ou les conditions salariales ne rentrent pas exactement dans les critères standards. Les règles d’âge, d’expérience et de salaire dépendent alors de l’accord spécifique signé.
Le rôle de l’employeur
Le visa 186 repose sur une nomination par l’employeur, qui doit démontrer :
- qu’il exerce une activité légale et active en Australie,
- qu’il propose un poste réel, à temps plein et durable (pas un poste créé artificiellement pour l’occasion),
- que le salaire proposé respecte le seuil minimum requis (le Core Skills Income Threshold, autour de 79 423 AUD par an pour les nominations à partir du 1er juillet 2026) et, si le salaire de marché pour ce poste est plus élevé, c’est ce dernier qui doit être respecté.
Bon à savoir : contrairement au visa 482, le 186 n’entraîne pas de taxe SAF (Skilling Australians Fund), puisqu’il s’agit d’un visa permanent.
Le processus de demande, étape par étape
- Vérifier l’éligibilité de l’occupation sur la liste CSOL en vigueur.
- Faire évaluer ses compétences (skills assessment) auprès de l’organisme compétent pour le métier visé — une étape centrale pour la filière Direct Entry.
- Trouver un employeur prêt à nominer le poste, qui doit lui-même être un sponsor agréé ou le devenir.
- Dépôt de la nomination par l’employeur, puis dépôt de la demande de visa par le candidat.
- Fournir les preuves d’expérience, d’anglais et de casier judiciaire (certificats de police pour chaque pays de résidence de 12 mois ou plus sur les 10 dernières années).
- Bilan de santé si demandé.
- Traitement du dossier par le Department of Home Affairs, avec priorité donnée par la Ministerial Direction en vigueur (notamment les postes en zone régionale ou dans la santé et l’enseignement).
Coûts et délais
Les frais de demande varient selon le nombre de personnes incluses (partenaire, enfants) et sont consultables via l’estimateur officiel du Department of Home Affairs, qui ne prend cependant pas en compte le second versement ni les frais annexes (traduction de documents, skills assessment, bilan de santé, avocat en immigration si accompagnement).
Les délais de traitement sont généralement plus longs pour la filière Direct Entry que pour la TRT, et varient fortement selon la complétude du dossier au dépôt. Un dossier complet, avec toutes les pièces justificatives dès le départ, réduit sensiblement les délais.
Les points de vigilance les plus fréquents
- L’âge : la limite de 45 ans est stricte pour Direct Entry et TRT, sauf exemptions précises (il ne suffit pas d’exercer un métier « exempté » pour être automatiquement exempté soi-même — les critères sont spécifiques).
- Le salaire : respecter uniquement le seuil minimum ne suffit pas toujours ; il faut aussi être aligné avec le salaire de marché du poste.
- La réalité du poste : l’employeur doit prouver un besoin réel et continu pour la position, faute de quoi la nomination peut être refusée.
- Le skills assessment : un métier ne « colle » pas toujours parfaitement à la nomenclature ANZSCO — un mauvais choix d’occupation peut faire échouer tout le dossier.
Une piste concrète : le métier de chef
Le métier de chef de cuisine (chef) figure régulièrement parmi les occupations éligibles à la liste CSOL, ce qui en fait un profil fréquemment nominé pour un visa 186 en Direct Entry, à condition de justifier de son expérience professionnelle et d’obtenir une évaluation positive des compétences. C’est un exemple parlant de la manière dont un métier de restauration, souvent perçu comme « non qualifiant » en France, peut au contraire ouvrir une vraie porte vers la résidence permanente australienne.
En résumé
Le visa 186 reste, en 2026, l’une des voies les plus solides pour s’installer durablement en Australie via l’emploi : pas de visa temporaire obligatoire au préalable (en Direct Entry), une résidence permanente accordée dès l’octroi, et la possibilité d’inclure toute la famille. La contrepartie, c’est un dossier exigeant, où chaque pièce (skills assessment, expérience, salaire, âge) doit être calée au bon format dès le départ.
FAQ : le visa 186
Qu’est-ce que le visa 186 ?
Un visa permanent qui permet à un employeur australien agréé de parrainer un travailleur qualifié pour un poste stable. Il donne la résidence permanente, le droit de travailler sans restriction et, à terme, l’accès à la citoyenneté.
Quel salaire minimum pour un visa 186 ?
Le salaire doit respecter le Core Skills Income Threshold, autour de 79 423 AUD par an pour les nominations à partir du 1er juillet 2026, ou le salaire de marché du poste s’il est plus élevé.
Peut-on inclure sa famille dans un visa 186 ?
Oui, le partenaire et les enfants peuvent être inclus dans la demande. Les frais augmentent selon le nombre de personnes incluses.
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Outil d’orientation, mis à jour en septembre 2026. Il ne remplace pas l’avis d’un agent enregistré MARA et ne constitue pas un conseil migratoire. Les seuils, listes de métiers et conditions d’âge changent plusieurs fois par an : vérifiez toujours sur immi.homeaffairs.gov.au.
Je parle aussi du visa 189 par ici.
Sources : Department of Home Affairs (immi.homeaffairs.gov.au) et cabinets spécialisés en droit de l’immigration australienne (One Planet Migration Law, Emerson Migration Law, RACC, Collins Quarters International) — informations à jour à 2026, à vérifier auprès des sources officielles avant toute démarche, les critères pouvant évoluer.
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