« L’Australie : un rêve inachevé mais un gout de liberté. »
« J’ai toujours rêvé de tout quitter, mais je ne m’en sentais pas capable. »

Solaire, dynamique, toujours là pour faire rire les autres : c’est ce qu’on dit d’elle. À 24 ans, Lorie est co-présidente d’une association de protection féline à Lyon, bénévole depuis des années, et elle a aussi été game master en escape game — un métier qu’elle espère reprendre. Les animaux et l’énergie : deux fils rouges qu’on retrouve tout au long de son histoire australienne.
Un projet à deux
L’Australie, au départ, c’était le rêve de son conjoint. Lui avait déjà tenté le coup en 2020, avant que le Covid ne le renvoie en France. Elle, de son côté, en rêvait sans jamais s’en sentir capable.

« Alors les deux ensemble, ça a fonctionné ! »
Départ en juin 2024, direction Brisbane, avec un PVT chacun et l’intention de le renouveler pour une deuxième année. Le programme : acheter un van, faire le tour du pays, et valider les 88 jours en ferme ou en refuge animalier.
La bonne étoile
Arrivés chez l’habitant, ils enchaînent les démarches, et tout se met en place presque trop facilement.
« On a même eu l’impression d’avoir une bonne étoile au-dessus de la tête. »
Logement, papiers, puis le van de leurs rêves — trouvé, acheté. Et dans la foulée, ils sont sélectionnés pour travailler dans un refuge accueillant des animaux de ferme et des espèces natives. Pour une bénévole de longue date, c’est le rêve. Ils y passent trois mois, à vivre sur place, rencontrer du monde et surtout apprendre des animaux. Ce sont d’ailleurs les amis rencontrés là-bas qui restent son meilleur souvenir : ils ont toujours un contact quotidien aujourd’hui.
Il y a bien eu les galères habituelles — une panne, une dispute entre bénévoles. « Rien de dramatique à mon sens. »
Canberra – Perth, en slow life

Puis la route reprend. Canberra jusqu’à Perth, avec la traversée du Nullarbor. Ils vivent sur leurs économies, au jour le jour, à deux.
« Honnêtement, un peu comme dans les clichés. »
C’est là qu’elle situe sa définition de la liberté : pas de job, pas de maison, pas de famille autour. « C’était notre plan : prendre la carte et regarder où aller demain. »
Ce qui la marque le plus, ce sont les gens. Une seule mauvaise rencontre — quelqu’un en colère contre les backpackers irrespectueux, et « ça s’entend », précise-t-elle. Tous les autres ont été une main tendue. Des rencontres folles, des partages de dingue, des nuits chez l’habitant.
« Un peu déstabilisant de pouvoir faire confiance à tout le monde… On s’est plusieurs fois demandé si on allait se faire kidnapper 😅 »
Le revers, ce sont les manques. La famille loin, surtout à l’approche de Noël et des anniversaires. Et la chaleur : « On a vraiment souffert à dormir à 43 degrés dans le van. »
Avril 2025
Ils rentrent d’une excursion à Rottnest Island — leur dernier week-end avant de remonter vers le nord, direction Broome. Un problème de santé s’invite, qu’elle choisit de faire vérifier avant de partir dans le bush.
Le diagnostic prend un mois, et il est sérieux. On lui conseille de rentrer sous quinze jours si elle ne veut pas être soignée sur place. En quatre jours, le van est vendu, un billet trouvé, les missions de petsitting annulées, un centre de soins contacté en France.
Elle ne s’étend pas là-dessus. Ce qu’elle en dit tient en une phrase : le voyage s’est arrêté là, et le PVT, c’est une fois dans une vie.
Le regard d’aujourd’hui
« Je regarde cette période avec respect maintenant, car je sais que j’ai adoré vivre ça. Avant c’était difficile, parce que je n’avais que ce goût amer et il m’était impossible d’y voir le positif. »
Aujourd’hui, l’Australie reste un rêve inachevé — mais un goût de liberté qui les a convaincus, tous les deux, de reprendre la route dès qu’elle en sera capable.
Son conseil
« Assurez-vous. C’est bête, c’est pas un conseil fun, mais quand on a envie de liberté et la tête dans les étoiles, c’est important de garder un pied sur terre. Un tout petit bout de pied, une sécurité. »
Elle insiste sur un point qu’on oublie souvent : il faut aussi pouvoir avancer les frais avant d’être remboursé. Sans cette marge, elle n’aurait sans doute pas honoré ses rendez-vous, et le diagnostic serait tombé bien plus tard.
En bref
- Son endroit préféré : Lucky Bay Beach
- Son meilleur souvenir : ses amis du refuge
- Son Australie aujourd’hui : un rêve inachevé, et une route à reprendre